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Journée des droits de la femme – Interview de notre PDG Sylvie DUBOUIS

Journée des droits de la femme

Interview de notre PDG Sylvie DUBOUIS

Pouvez-vous vous présenter en quelque mots ?

Je suis Sylvie DUBOUIS. Je dirige Maisons ARLOGIS à Villefranche-sur-Saône depuis juillet 1988 donc depuis 34 ans. Je dirige également Maisons ARLOGIS à Mâcon. L’objet de ma société est de construire des maisons individuelles auprès d’une clientèle de particuliers. Nous les accompagnons tout au long de leur projet, de l’élaboration des plans, l’organisation administrative avec les différents interlocuteurs à la coordination de toutes les opérations avec les différents artisans sous notre entière responsabilité dans le cadre très sécurisé du contrat de construction de maisons individuelles. Toutes ces missions sont réalisées en répondant au niveau de finition souhaité par nos clients.

Depuis quand travaillez-vous dans l’immobilier et la construction de maison en particulier ?

J’y suis arrivée toute petite. J’ai effectué des études de commerce et à 20 ans, mon premier poste était chez un constructeur de maisons individuelles. J’ai beaucoup aimé la pluralité des compétences allant du commerce, de l’urbanisme mais aussi dans les domaines techniques et juridiques puis le fait de participer à l’élaboration d’un projet de vie pour des clients. Deux années plus tard, j’ai eu l’opportunité de créer ma société à l’âge de 22 ans.

Trouvez-vous que les métiers du bâtiment se féminisent ?

Les métiers du bâtiment se féminisent très lentement. Il y a un certain nombre de femmes dans le domaine commercial et administratif mais au niveau technique c’est très rare. Je n’ai pas énormément de collègues dirigeantes d’entreprise. Je me retrouve très souvent être la seule femme lors de réunions.

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Rencontrez-vous des difficultés pour recruter des femmes dans vos entreprises ? Si oui, sur quels postes ?

Je n’ai pas énormément de difficultés à recruter des femmes surtout pour les métiers commerciaux/administratifs et dessins. Nous avons assez souvent des candidatures féminines. Mais il est vrai que du côté technique et de la gestion des chantiers, c’est encore très marginal.

Que diriez-vous aux femmes qui hésitent à travailler dans le secteur du bâtiment ?

Je ne peux que les encourager. La maison constitue le lieu de vie pour la famille. En tant que femme, la maison c’est quelque chose qui nous répond de manière générationnelle bien qu’aujourd’hui la tendance soit largement à la parité dans une famille. Malgré tout, l’empreinte de la femme dans la maison sur la décoration et l’agencement reste forte. Une vision féminine des choses est plutôt intéressante dans le bâtiment. C’est un autre regard, peut-être plus dans le détail, dans la finition.

Les femmes ont bien évidemment toute leur place dans le bâtiment. Les fonctions de chantier sont encore très peu féminisées. Nous avons donc « entre guillemets » l’obligation d’être encore plus pointues et plus rigoureuses peut-être que les hommes. Les femmes qui rentrent dans ce métier sont souvent des profils excellents. Si elles sont arrivées dans les métiers du bâtiment et qu’elles y ont perduré, c’est qu’elles ont attiré le respect de leur entourage professionnel essentiellement composé d’hommes. Pour toutes ces raisons, elles doivent avoir un tempérament bien trempé et un niveau d’exigence élevé. Nous sommes plus regardées car ce n’est pas encore très répandu d’être une femme dans le secteur du bâtiment. 

Selon vous, les femmes dirigeantes sont-elles plus nombreuses aujourd’hui dans ce secteur ?

Non, les femmes dirigeantes ne sont pas spécialement plus nombreuses dans ce secteur. C’est encore assez marginal. 

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Dans un secteur très masculin, qu’apportent les femmes dirigeantes et entrepreneuses ?

Je crois que c’est une vision qui peut être un peu différente. Le mode de raisonnement d’une femme n’est pas forcément le même que celui d’un homme. J’ai toujours du mal à mettre une opposition homme-femme. Je pense que nous avons une mission quand nous dirigeons une entreprise. Nous avons l’obligation d’être très rigoureux, d’aller dans le détail et puis d’animer des équipes. Donc que l’on soit une femme ou un homme, il faut posséder et maitriser les mêmes qualités.

Je dirais que c’est une sensibilité féminine qui peut être différente. Cela peut sans doute se ressentir au niveau du management notamment dans l’animation des équipes. Un profil féminin pourrait avoir plus de petites attentions alors qu’un homme va plus orienter son management sur des ratios. Ce n’est pas une vérité absolue. La manière de manager dépend beaucoup de la personnalité de chacun.

Que diriez-vous aux femmes qui hésitent à créer ou reprendre une entreprise dans le bâtiment ?

A partir du moment où elles ont envie de le faire et qu’elles sont motivées pour le faire, il ne faut pas hésiter. Il faut simplement que les femmes entrepreneuses aient conscience qu’on attendra d’elles un parcours distinctif par leurs compétences et leurs capacités peut-être d’avantage qu’un homme. A partir du moment où la motivation professionnelle est bien présente, ce n’est pas du tout un souci. Le bâtiment est tellement passionnant. C’est quelque chose de concret. Nous construisons un ouvrage qui répond aux besoins d’une famille. Nous allons laisser nos réalisations aux générations futures. Pour cela, il est essentiel d’avoir des préoccupations écologiques et environnementales. Comparativement, un grand nombre d’autres métiers n’apportent pas autant de concret que les métiers du bâtiment. Dans ces conditions, le fait d’être une femme ne doit absolument pas impacter l’envie de créer son entreprise dans ce domaine. Si on a envie d’y aller, il faut se lancer dans l’aventure entrepreneuriale !

Une dernière chose à ajouter à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes ?

Nous avons la chance d’être en France. Les droits des femmes ont beaucoup évolué. Dans les années 60, les femmes acquéraient péniblement le droit de vote alors qu’aujourd’hui rien ne leurs est interdit. Nos compétences et notre envie de faire bouger les lignes sont quelque part une façon de montrer que ce n’est pas parce que vous êtes une femme que vous avez des capacités moindres. En France, nous pouvons réaliser ce dont nous avons envie.

Nous pouvons cependant regretter de parler de journée internationale des droits de la femme en 2022. Ces dernières années, des femmes avaient gagné le droit d’aller à l’école et à l’université mais aussi d’occuper des professions comme médecin ou pilotes de ligne qui n’étaient pas très féminisées. Hélas ces droits reculent dans certaines régions du globe. Nous voyons des petites filles qui sont déscolarisées et qui n’ont plus accès à l’enseignement. Individuellement et par le biais d’organisations nationales / internationales, nous devons combattre cela par tous les moyens !

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